« J’avais toujours cru qu’il existait de grandes personnes quelque part. Vous voyez ce que je veux dire, non ? Des gens en charge. Qui faisaient tourner ça, qui savaient ce qui était bien. Je croyais qu’il existait des grandes personnes. Maintenant je sais qu’il n’y a pas de grandes personnes. Il y a seulement nous. »

Dennis Kelly, Oussama ce héros

Le 20 octobre approchant, les braves électeurs helvètes n’échapperont probablement pas – à l’instar de leurs voisins européens – à l’appel médiatique du « tsunami vert ». C’est que cette déferlante n’est pas passée inaperçue : ouf, les européens se lanceraient sur la voie de la transition écologique ! Et quelle audace, car on aurait prévu d’y mettre les grands moyens.  Il s’agirait de donner les clefs de la transition aux vénérables institutions européennes, celles-là même qui se permettent de donner des leçons aux grands tyrans d’Orient et d’outre-Atlantique, se lavant ainsi les mains de tous soupçons de pétrophilie et d’écocide. Il y a fort à parier que le même coup nous sera joué lors des prochaines élections fédérales. Rebelote, gestion de crise (ici, en l’occurrence, écologique) et étatisme seraient les deux faces de la même médaille. Visiblement, cette com’ c’est de la bonne came. Car, quel tableau de chasse ! Les mesures vraiment efficaces – celles qui contribueraient à la réduction réelle des flux de matière et d’énergie – ne se compteraient au mieux que sur les doigts de la main. Nous n’avons personnellement pas encore identifié de dispositions répondant à cette définition-là. Cela dit, nous restons ouverts à toute suggestion relatives à ces mesures hypothétiques prises par l’UE ou la Confédération en matière d’environnement (information.arcadie@gmail.com). Gageons cependant que nous ne serons pas cyber-harcelés.

          Quelle ne fût donc pas notre surprise lorsque, venue du Grand Nord scandinave, une jeune adolescente angoissée par les questions environnementales – au moins autant que nous – en appela à nos institutions fédérales ! Malgré toute la bonne foi et l’énergie déployée par cette jeune militante et ceux qu’elle a inspirés, force est de constater qu’un léger relent d’étatisme infuse dans ce discours. Sans équivoque, Greta a toute notre considération : elle mobilise une génération réputée apathique et apolitique par nos vieux réactionnaires ; elle impulse et nourrit le débat ; elle attise le militantisme écologique. Mais dans toute cette symphonie, une fausse note siffle à nos oreilles. Le cadrage sous-jacent à son discours s’enracine systématiquement dans une croyance dans la vertu des institutions étatiques, seules garantes de l’intégrité de nos populations et de nos territoires. C’est que l’histoire est tenace et que la croyance en l’État est fortement ancrée en nos corps et consciences. Il suffirait cependant de se figurer l’évolution des dégradations environnementales corrélatives à l’extension du système étatique moderne pour déceler l’enjeu central de la verticalité du pouvoir. Ainsi, penser l’État comme elle le pense nous engage à ne pas penser ce qu’il y aurait à penser. Autrement dit, et nous le déplorons, le gretatisme est un étatisme ; or l’étatisme est un anti-écologisme.

     Précisons ce que nous entendons par étatisme. Il s’agit, comme nous l’avons évoqué, de la croyance dans le bien-fondé d’une forme particulière d’organisation politique appelée l’État. L’État, c’est tout d’abord une configuration sociale et historique, donc non-naturelle – ce qui implique que l’on peut faire autrement. C’est une structure verticale, de domination coercitive (« monopole de la violence légitime », à savoir : police et armée) et symbolique (processus de légitimation par l’éducation nationale, le droit, les récits historiques, les institutions politiques telles que par exemple le vote, etc.). Les formes étatiques s’inscrivent historiquement dans une dynamique d’empuissantisation pour persévérer dans leur être : elles se caractérisent généralement par une nécessité d’expansion et de domination des ressources (c’est-à-dire aussi bien de ses sujets humains et non-humains que des écosystèmes et du sous-sol). Cette entreprise d’expansion et de domination des ressources peut présenter régulièrement une ou plusieurs de ces modalités : extractivisme, productivisme,  croissantisme, consumérisme. Plusieurs formes étatiques sont imaginables : monarchique, libérale, nationaliste, socialiste, keynésienne, communiste, bureaucratique, autoritaire, totalitaire, fasciste, national-socialiste, néolibérale, etc. Sans rentrer dans le détail de ces formes institutionnelles spécifiques, nous pouvons grosso modo affirmer que tous ces types d’États ont pour dénominateur commun d’organiser le pouvoir verticalement – ce qui constituerait le fondement de l’inégalité parmi les Hommes. Pour persister, ils doivent dès lors maintenir cette verticalité de manière plus ou moins subtile en maintenant leur contrôle sur la production et la coercition. C’est en fonction de cette subtilité que la verticalité fait sa mue.

     Si l’État a pu prendre des formes diverses et variées, celle à laquelle nous faisons face entretient (comme d’autres avant elle) une forte affinité avec les intérêts des classes possédantes installées au sommet de la pyramide sociale. Ce dernier – l’État libéral, bourgeois, pseudo-humaniste – se targue d’une légitimité populaire au travers du concept de représentativité que le processus électoral intronise. La nature profonde de l’État libéral aime à se cacher. Des présidents play-boys (Macron, Trudeau, Renzi) aux tribuns de la plèbe (Mélenchon, Corbyn, Trump, Bolsonaro, Salvini) en passant par les multiples injonctions au vote « féministe » en faveur de bourgeoises (Clinton, Merkel, Moret, May, Amaudruz, Le Pen), la violence de la verticalité sociale, fruit de l’État, demeure. Rappelons que nous vivons une époque de creusement des inégalités sans équivalent dans l’histoire. Malgré l’emballage progressiste ou anti-système, ces personnages restent des hommes et des femmes d’État : se servant de l’État ; et donc servant l’État. Et quand tombent les masques, les matraques grondent.

     Plus concrètement, nous défendons l’idée que ces personnages politiques sont en grande partie substituables les uns aux autres. Une fois admis dans la structure étatique, une fois le rite de passage électoral achevé, ils entrent dans la danse d’institutions plus grandes qu’eux, sont entraînés par leurs logiques propres et finissent par être dépassés. Ces logiques, spécifiques aux institutions étatiques contemporaines, s’incarnent dans des dispositifs particuliers qui doivent être questionnés. Première évidence, les dérives liées aux rapports entre groupes d’intérêt et politiques ne sont plus à démontrer (lobbying). Seconde évidence, la professionnalisation des métiers du politique conduit à la monopolisation des postes importants par les candidats sortis vainqueurs des mécanismes de cooptation et/ou de partis. Cette « consanguinité » qui lie les professionnels de la politique entre eux ferme la porte aux challengers à profils originaux, condamnés à ne récolter qu’1.82 % des voix. Un manque de sang neuf rend donc les institutions sclérosées et témoigne de l’insularité du personnel politique, qualifié par le philosophe québécois Alain Deneault de « médiocratie ». L’élection quant à elle détermine la temporalité du politique et la synchronise sur le court-terme de la politique, en vue d’une réélection ou d’une cote de popularité. Il en découle une diachronie d’avec les cycles naturels (climat et vivant) et les enjeux sociaux de moyen et long-terme. Ces mécanismes sont portés par le gouvernement représentatif, c’est pourquoi nous dirions avec Jean-Jacques :

« La Souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point : elle est la même, ou elle est autre ; il n’y a point de milieu. Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement. Toute loi que le Peuple en personne n’a pas ratifiée est nulle ; ce n’est point une loi. Le peuple Anglais [et tout peuple vivant sous régime représentatif] pense être libre, il se trompe fort ; il ne l’est que durant l’élection des membres du Parlement : sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. Dans les courts moments de sa liberté, l’usage qu’il en fait mérite bien qu’il la perde. » (Du contrat social, III, 15)

Cette dernière phrase pointe un mécanisme consubstantiel à la verticalité de l’élection : en plus de subtiliser le pouvoir politique du citoyen, le phénomène électoral conduit à sa déresponsabilisation. On fait généralement du vote un devoir citoyen, or la citoyenneté n’est pas un moment (le moment électoral), mais une condition propre à tout individu politiquement autonome. Par extension, cette structuration du champ politique en deux catégories d’êtres humains (réprésentés/représentants) appose les chaînes aux uns et fait des autres les maillons qui les asservissent. Double processus de déshumanisation : les représentés deviennent serfs, les représentants outils de domination. L’institution persiste, l’humanité périclite, les écosystèmes se perturbent.

Et notre « miracle suisse », saupoudré de « démocratie directe », n’échappe pas à la règle. Ici, la subtilité machiavélienne de l’État fédéral est poussée jusqu’au mythe du « unus pro omnibus, omnes pro uno », communauté de destin d’égaux parmi les égaux permise par la libre expression de chacun à travers le droit référendaire et d’initiative. Summum de l’anesthésie : nous ne sommes jamais autant dans les chaînes que lorsque notre liberté vient du haut. Faible et fragile liberté octroyée par nos maîtres, elle nous sera retirée en période de crise. Subterfuge du « débat démocratique » – organisé et encadré par les institutions d’État – travestissant la liberté concrète de l’autodétermination en soumission librement consentie, cette démocratie consensuelle et semi-directe tant vantée sape la légitimité politique de tout mouvement social minoritaire. C’est pourquoi, après avoir opéré cette double critique, primo de l’élection et de la représentation, secundo de la démocratie suisse, il ne nous semble pas réaliste de se reposer sur ce type d’institutions pour concilier écologie et liberté. Nous nous adressons donc aux membres de partis politiques à portée écologiste, ainsi qu’à tous leurs alliés objectifs – et leurs électeurs : « Mesdames et messieurs, nous croyons en votre bonne volonté, et nous aimerions tellement que vous eussiez raison de l’investir dans les institutions étatiques. Permettez-nous cependant d’en douter ». La leçon délivrée par le subterfuge de la démocratie (semi-)directe – l’anesthésie des minorités politiques émancipatrices – devrait nous mettre sur la voie de ce que serait un écologisme d’État : une tyrannie pseudo-écologique de la majorité élue. Car un État, comme nous l’avons vu précédemment, ne peut que très difficilement tisser des liens harmonieux et durables avec son milieu naturel et social. Tableau fort noir, nous le concédons, mais non sans pistes de solutions.

Pour les plus frileux d’entre vous, premières mesures. D’abord, l’instauration d’un régime de transparence du corps politique. Autre piste de réflexion plutôt polymorphe et restant à explorer dans toutes ses potentialités : favoriser et cultiver la délibération politique pour tous et à tous les niveaux. Cette délibération est la condition sine qua non de l’établissement d’un régime de citoyens égaux et libres. Qu’il s’agisse de reconnaître les intérêts non-humains et les enjeux du temps long dans la délibération politique, ou qu’il s’agisse de démocratiser l’école, l’université et l’entreprise, toutes les propositions œuvrant en faveur de la citoyennisation, la responsabilisation et l’écologisation des individus sont bonnes à prendre. S’il n’est de liberté sans égalité, ni d’égalité sans liberté, alors l’autogestion des lieux de vie devient le chemin le plus sûr vers une société libre et égalitaire – et par extension écologique. Ce dernier point, fondamental selon nous, mérite d’être éclairé. Une société sans égalité ni liberté – car il est désormais clair que l’un ne va pas sans l’autre – ne peut être écologique : d’où il apparaît qu’un « écologisme autoritaire » ne saurait être qu’une chimère. Asseoir une domination, dans notre contexte social et historique actuel, nécessite d’en avoir des plus grosses que ses voisins. Sans grande surprise, ce combat de coqs séculier ne cesse de faire croître le coût social et environnemental total en vue d’une victoire finale qui ne viendra jamais : la course s’accélère, les ressources s’amenuisent, les bourses se remplissent. Au contraire, une société égalitaire et libre devient a minima fondement de toute société écologique : elle n’implique pas une société écologique, mais elle la conditionne.

Pour les échauffés du bocal, deuxième niveau de mesures – plus audacieuses cette fois-ci : tirage au sort, mandat impératif et banque populaire et coopérative. Le suffrage par le sort comme processus de désignation politique redistribue intégralement les chances d’accès aux postes de responsabilité et se présente comme solution prometteuse à la captation et à la monopolisation du pouvoir par une élite sociale. Contrairement à une idée reçue, le tirage au sort, sous certaines conditions (randomisation et rotation régulière des désignés), correspond plus profondément à l’esprit de la démocratie que l’élection. Il permet une égalité de facto et processuelle aux membres d’un corps politique constitué. Le mandat impératif, quant à lui, répond aux insuffisances du tirage au sort : il permet l’élection sur mandat précis, soumis au contrôle populaire et situé dans le temps, d’un citoyen réputé comme qualifié pour la tâche qui lui incombe – et demeurant toutefois révocable. Enfin, il n’est point de souveraineté politique sans souveraineté monétaire. Si l’État moderne est bourgeois, c’est que la bourgeoisie, presque tautologiquement, contrôle non seulement la plus grande partie de la masse monétaire en circulation mais a aussi structuré les conditions d’accès à la monnaie et celles de sa création. Ce bien commun, aujourd’hui fondamental pour tout échange marchand (au sens large), manque aux uns tandis que les autres se l’accaparent au-delà de toute mesure. À cet égard, nous proposons, dans le sillage des traditions collectivistes ou mutualistes, de réactualiser l’idée de banque populaire et coopérative. L’émission monétaire serait non pas conditionnée par l’appât des gains d’un projet économique juteux, mais plutôt par un choix collectivement réfléchi d’octroi de crédit. Tout comme l’élaboration de la loi résulte du fruit de la délibération politique, la création et la diffusion de la monnaie doivent s’accorder sur la volonté générale des acteurs concernés – et donc aussi en adéquation avec les intérêts de la communauté biotique. Ainsi, économique, politique et biotique sont intrinsèquement liés : toutes les dispositions précitées font écho les unes aux autres et résonnent d’autant plus qu’elles se combinent ; quelle symphonie démocratique.

Et pour les chauds bouillants, aux grands maux les grands moyens. Nous nous sommes pour l’instant attardés sur des propositions de type sectoriel. Notre troisième niveau de mesures nous conduit à un changement d’échelle. Nul doute que les propositions susmentionnées permettraient un avancement substantiel, non-négligeable, en faveur de la démocratie écologique de demain. Cela dit, pour prendre tout leur sens, il nous semble qu’elles doivent prendre corps dans une société diamétralement opposée à la nôtre. Dans le paradigme stato-national, la centralisation du pouvoir coercitif et symbolique – du pouvoir sur et du pouvoir de – dans les mains d’une bureaucratie n’obéissant qu’à ses propres intérêts mène à la concentration des richesses, à l’exploitation de la nature et à la transformation du citoyen en contribuable passif. Péché originel de la verticalité verticalisante, la volonté de puissance de l’institution étatique peine à se fixer des limites et s’enfonce dans la démesure. Mesure mesurée : un confédéralisme démocratique – inspiré de Murray Bookchin et Abdullah Öcalan. Cette proposition implique une vision d’ensemble partant d’un processus de type révolutionnaire et touchant à toutes les couches de la société dans laquelle il se déploie. Elle vise à l’édification d’un système politique intronisant la démocratie directe et participative à tous les niveaux, et favorise l’épanouissement de sensibilités au bien-être de la communauté humaine et biotique. Remède à la verticalité, le confédéralisme démocratique redonne souveraineté et dignité aux citoyens en leur remettant les affaires traditionnellement dévolues à un État centralisé. Inversion de la logique : désormais, les affaires courantes sont prises en main au niveau local en première instance. Les niveaux supérieurs – régional, continental, planétaire – ne servent qu’à coordonner les multiples communautés politiques souveraines. Dans ce paradigme confédéraliste démocratique, la dimension du temps long doit devenir de première importance. Cette dernière offrirait une société durable, synchronisée sur temporalités naturelles. La pérennisation d’une organisation sociale et écologique harmonieuse pourrait permettre d’éviter bon nombre de futures crises environnementales d’origine anthropique.

Mais gare à l’hydrocution ! Car la question des flux de matière et d’énergie peut être une sacrée douche froide pour nos amis écolo-autharciques pressés de fonder de jolies petites communautés de chasseurs-cueilleurs. La surlocalisation des enjeux de l’écologie politique contemporaine néglige leur portée régionale, continentale ou planétaire : changement climatique, biodiversité, nucléaire, catastrophes naturelles à grande échelle (feux de forêt, sécheresses, tsunamis, ouragans) sont autant de défis à relever collectivement à l’échelle de l’espèce humaine. C’est pourquoi des structures politiques globales sont encore à penser. Nous pouvons cependant avancer que les modalités des organisations internationales contemporaines ne se départissent pas du paradigme étatique et d’une éthique de la puissance, malheureusement voués à la domination-destruction. Et si, justement, une voie de sortie nous serait offerte par la démocratie confédérale, participative, responsabilisante et humaniste ? Parions que les mesures de type COP n’aboutiront pas. Il n’est point nécessaire d’être devin pour constater que les conflits d’intérêt majeurs qui les sous-tendent n’auront de cesse de miner les efforts des militants écologistes de bonne volonté. Les fondations sont pourries, or pour que toute la structure tienne, il faut qu’elle soit bien ancrée dans sa base.

« Utopie ! » nous rétorquerez-vous. C’est que la poutre étatique qui obstrue votre vision pénètre profondément votre orifice oculaire. À tel point que vous ne distinguez plus la nature profondément illusoire du mythe de l’État responsable, en charge et en toute bonne volonté de « faire tourner les choses » pour le bien de tous. Le réalisme ne réside pas là où on le croit.

« Convoquer d’autres mondes possibles (non-capitaliste) accentue la relativisation de l’état présent des choses et libère une source d’énergie susceptible d’ébranler son invincibilité supposée. Affiner la critique de l’existant et donner consistance à des univers alternatifs sont des moyens complémentaires de faire vaciller et d’affaiblir le mode de production dominant de la réalité. Par un biais comme par l’autre, il s’agit de travailler à nous détacher de la réalité environnante, à la fois intérieurement, ce qui est déjà loin d’être simple, et pratiquement, dans la mesure du possible. Par la critique, la glaise épaisse qui colle à nos bottes peut redevenir poussière, tomber d’elle-même et cesser de nous paralyser. »  (Jerôme Baschet, Adieux au capitalisme)

Cette glaise épaisse, nous postulons qu’elle ne colle pas qu’aux bottes des étatistes convaincus, mais aussi à celles des militants écologistes convertis à cette lubie. L’écologisme du robinet – des petits pas – qui se complaît dans le confort d’actions quelconques telles que le recours à l’élection ou le pipi pimpant sous la douche conserve un statu quo trop complaisant d’avec l’État capitaliste. Et le mot est dit : conservatisme ! Or, comme nous pensons l’avoir démontré, conservatisme n’est pas conservationnisme – bien loin de là. Ces militants qui font de nos chevaliers de l’apocalypse les chevaliers blancs (ou verts) devraient se figurer la violence de la chevalerie en acte, machinale froideur toute de fer vêtue. Nous lui préférons le bandit social et écologiste Robin des Bois, intransigeant envers l’illégitimité écœurante de la noblesse de Nottingham, défenseur des bois de Sherwood et de leurs habitants.

Ainsi, l’élection est une institution étatiste ; donc l’élection est un stratagème conservateur ; dès lors, l’élection est un piège à cons. Voter pour un maître, c’est aliéner sa souveraineté (Rousseau), voter pour un maître, c’est abdiquer (Reclus), et aujourd’hui – tristesse du catastrophisme enténébré – voter pour un maître, c’est paniquer.

Comité Arcadie

Comité Arcadie

Le comité Arcadie est un collectif d’étudiants en durabilité de l’Université de Lausanne qui cherche à promouvoir la pensée sociale et écologique auprès de la société civile.

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